Trois fois le risque des soins intensifs pour hommes

Publié le mercredi 09 décembre 2020 à 16:11

Les hommes atteints de Sars-CoV-2 sont trois fois plus susceptibles que les femmes d’entrer en soins intensifs, et ils sont également plus susceptibles d’en mourir, selon une étude qui remet en question les différences biologiques entre les deux. Les genres.

Depuis le début de l’épidémie de Covid-19, les experts ont constaté un plus grand nombre de cas graves chez les hommes.

Pour obtenir des informations plus précises, les auteurs de cette étude publiée mercredi dans la revue Nature Communications ont analysé les données de 46 pays et 44 états aux États-Unis du 1er janvier au 1er juin, soit 3,1 millions de cas confirmés de Covid-19.

Selon ces données, il n’y a pas de différence entre les hommes et les femmes en termes de contamination, «exactement» la moitié des cas confirmés sont des hommes.

En revanche, la probabilité qu’un homme malade soit hospitalisé en réanimation est trois fois (2,84 fois) plus élevée que celle d’une femme, et la probabilité de décès est également plus élevée (1,39 fois).

Ce phénomène est «global», à quelques exceptions près, l’étude qui explique cette situation le confirme principalement par des facteurs biologiques.

Sur la base d’autres études déjà publiées, les auteurs indiquent que les femmes produisent naturellement plus d’interférons de type 1, une substance qui limite la réponse immunitaire anormale («tempête de cytokines») mentionnée dans les figures Critical Cases of Covid-19. Il produit également plus de cellules T qui tuent les cellules infectées.

La présence de l’hormone «féminine» estradiol chez la femme offre également une meilleure protection contre l’infection. Au contraire, selon l’étude, la testostérone réduira la réponse immunitaire chez les hommes.

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Au-delà de cette «vraie différence biologique», les auteurs invoquent également la possibilité de comorbidités plus importantes chez les hommes.

Mais ils soulignent un manque de données pouvant être utilisées pour évaluer le rôle de ces facteurs supplémentaires. Cependant, ils notent qu’il n’y a pas de différence significative entre les sexes au niveau mondial pour les deux maladies courantes qui augmentent le risque de formes sévères de Covid: l’hypertension artérielle et le diabète.

Même si d’autres études sont nécessaires, selon l’étude, “ces données ont des implications pour la gestion clinique de Covid-19”.

“Ces données peuvent aider les cliniciens à réaliser que le sexe est un réel facteur de risque pour les formes aiguës de soins aux patients”, a déclaré à l’AFP le Dr Kate Webb de l’Université du Cap en Afrique. Du sud, ce qui soulève également des ramifications potentielles pour les vaccins.

“D’autres vaccins (…) ont montré des réponses différentes selon le sexe. Il reste à voir si c’est le cas avec le Sars-CoV-2, mais nous espérons que notre étude souligne la nécessité d’inclure le sexe comme variable dans la recherche sur les vaccins.”

Léonard Lachapelle

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