Revue ‘Noroît’ : Dans une vision française, des pirates habitent un drame jacobéen

Revue ‘Noroît’ : Dans une vision française, des pirates habitent un drame jacobéen

Après ses brillantes œuvres du début des années 1970, “Out 1” et “Celine and Julie Go Boating”, le réalisateur français Jacques Rivette a conçu un de ses projets ambitieux typiques : un cycle de quatre films intitulé “Scènes de vies parallèles”. Comme “Céline et Julie” et plusieurs des films de Rivette à suivre, ces images se concentrent sur des personnages féminins et offrent des réalités alternatives (entre autres) en jouant avec les genres anciens et modernes. Deux des quatre prévus ont été achevés en 1976, et les deux sont relancés cette semaine.

Le premier, “Duelle”, suggère une sorte de légende particulière qui met en avant “Out:1” avec Juliette Berto et Bulle Ogier. “Noroît” est une image postmoderne de la piraterie, inspirée du drame jacobin “La Tragédie du Vengeur”.

Les adversaires ici sont Géraldine Chaplin et Bernadette Lafont. Le frère de Chaplin est mort aux mains de pirates menés par Lafont. Divers complots sont faits pour rapprocher Chaplin suffisamment de Lafont pour la tuer.

Malgré l’échange des rôles centraux entre les sexes, il s’agit d’une adaptation honnête à certains égards. Les titres à l’écran fournissent des numéros d’acteur et de scène. Chaplin et sa co-vedette Kika Markham publient fréquemment des parties du scénario de la pièce dans leur anglais d’origine.

Mais “Noroît” emprunte une trajectoire plus complexe que le drame jacobéen en général, reflétant, comme le tendent les films de Rivette, les notions de la vie comme performance et vice versa. Lorsque les événements d’un complot majeur se produisent, la caméra leur semble presque indifférente, se déplaçant sans relâche et avec précision.

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Le meilleur crédit du film est qu’il a enregistré les performances de magnifiques artistes féminines chancelant les unes contre les autres. Au moins jusqu’aux quarante dernières minutes environ, quand il se met à babiller. Les effets de divers éléments (teintes monochromes, effets d’éclairage d’ouverture, fuites sonores) font ressentir son sentiment d’irréalisme. Les provocations intellectuelles du film – principalement liées à la flexibilité de la forme cinématographique – restent aussi vives qu’elles l’étaient il y a plusieurs décennies.

Norwit
non classé. En français, traduction. Durée : 2 heures 25 minutes. dans les théâtres.

Emmy Tailler

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