L’exposition « Les droits de l’homme dans la culture musulmane » à l’honneur à Madrid

dimanche, 22 octobre 2017 09:09

303c44f2 d923 42f6 84da 94280d4bc09bCredit : al-RayaC’est un événement suffisamment rare pour s’en faire l’écho. Le Comité national des droits de l’homme du Qatar (CNDDH) a inauguré à Madrid une exposition sur les droits de l’homme dans la culture musulmane. Agrémentée d’une vingtaine de tableaux, l’initiative répond à un besoin de mettre en valeur les dénominateurs communs des différentes civilisations qui composent l’humanité. 

Droits de l’homme et islam. Deux termes qui parfois s’opposent dans l’imaginaire de certains mais dont on sous-estime le lien et la filiation. C’est pour combler ce déficit de compréhension qu’a vu le jour l’activité lancée dans la capitale espagnole ce vendredi 20 octobre. En présence de nombreux ambassadeurs de pays arabes, la manifestation culturelle a souhaité mettre à l’honneur la contribution de l’éthique islamique dans l’éclosion, à travers l’histoire, de la préoccupation de la défense des droits humains.

Le comité national des droits de l’homme du Qatar à la manœuvre

L’initiative a été inaugurée par le directeur du CNDDH. En pointe ces derniers mois pour alerter sur les conséquences nuisibles du blocus auprès des populations civiles (notamment les femmes et étudiants), Dr Ali al-Merri a rappelé combien la défense des droits de l’homme était un impératif que les nations du monde devaient mettre en tête de leur agenda. Allusion à l’actualité agitée qui entoure la présence de l’islam dans certains segments des opinions européennes, il a rappelé que le racisme et le populisme ne pouvaient se combattre par l’islamophobie mais que c’est l’entre-connaissance et la volonté de dialogue qui permettront de contribuer à l’avènement d’un monde meilleur.

L’exposition est composée d’une vingtaine de peintures qui, pour une grande partie d’entre elles, reprend des versets du Coran ou des hadiths du Prophète de l’islam calligraphiés en lettres arabes. Joyau historique, ces tableaux font état de l’apport de la religion musulmane qui, dans ses textes fondateurs, a mis la défense des droits humains comme principe axial de son éthique. Comme l’ont indiqué les responsables, le message que comportent ces peintures va frontalement en opposition avec ceux qui, dernièrement, ont instrumentalisé certains textes sacrés pour justifier des discours et pratiques extrémistes. « Rien n’est plus éloigné de l’islam que les prétentions des terroristes à invoquer l’islam pour légitimer leur action », ont ainsi rappelé les initiateurs.

L’islam, précurseur en matière de droits de l’homme

La présence des ambassadeurs de certains Etats arabes a démontré l’importance pour de nombreux pays à faire cause commune dans la volonté de présenter le visage noble de la deuxième religion la plus pratiquée dans le monde. En plus de M. al-Merri l’ambassadeur du Koweit en Espagne Souleyman al-Harbi, son homologue du Qatar, Muhammad al-Kuwari ainsi que Pedro Martinez, le directeur de l’association « al-Bayt al-Arabi » (La maison arabe) ont pris part à l’événement. Ancien ambassadeur très actif du Qatar en France et aux Etats-Unis, M. al-Kuwari a tenu à rappeler combien cette initiative permettait de faire connaître le caractère humaniste de beaucoup de versets du Coran et de hadiths prophétiques. Il a ajouté que cette manifestation culturelle offrait la possibilité de mieux faire connaître la civilisation islamique aux peuples occidentaux. Dans un climat parfois marqué par la prégnance du « choc des civilisations », cette opération ne peut donc que rappeler l’importance de l’échange et de la nécessité de susciter des passerelles de compréhension pour éviter les crispations. Signe de son importance, l’exposition qui a déjà été présentée à Paris, Berlin, Bruxelles et Genève se rendra prochainement dans plusieurs villes des Etats-Unis.

Comme complément d’information à cette initiative que nous ne pouvons que saluer, nous nous permettons d’ajouter cette information historique qui met en lumière la contribution de l’islam à cette thématique. Parmi les faits marquants de la vie du prophète de l’islam rapportés par la tradition musulmane, le pacte des vertueux connu sous l’appellation de Hilf al-fudûl dispose d’une place centrale. Ce pacte signé dans la demeure d’un notable de La Mecque du nom de Abdallah Ibn Jad’ane, stipulait qu’il était de la responsabilité des habitants de la ville de défendre les plus faibles et d’interdire toute pratique discriminatoire, notamment à l’égard des indigents. Conclu avant le début de la révélation coranique, ce traité d’honneur mettait le principe de justice au-delà de toute considération partisane ou tribale. Plus tard, le prophète de l’islam se remémora les termes de cette alliance et la valida en sa qualité de messager en disant : « J’étais présent dans la maison de Abdallah ibn Jad’an lorsque fut conclu un pacte si excellent que je n’échangerai pas la part que j’y ai prise contre un troupeau de chameaux rouges. Et si maintenant, en islam, on me demanderait d’y participer, j’accepterais avec joie ». Très peu le savent mais ce pacte de Hilf al-fudûl a eu une portée historique considérable. Sur le site de l’Organisation des nations unies (ONU), ce traité est en effet présenté comme l’une des alliances pour les droits de l’homme qui a marqué l’humanité et qui a même inspiré la Déclaration universelle des droits de l’homme! Le site de l’ONU stipule en effet que « quant au Pacte des vertueux (Hilf al-fudûl) conclu entre tribus arabes vers 590 après Jésus-Christ, il est considéré comme l'une des premières alliances pour les droits de l’homme. ».

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