Visite au sommet de Recep Erdogan en Iran ou comment l'axe Ankara-Téhéran se renforce

jeudi, 05 octobre 2017 12:50

4435302 7 3f15 le president rohani a droite aux cotes 56736a93a3b1373209371fc70190fb37Credit : Le MondeLe président turc Recep Tayyep Erdogan a entamé une visite officielle en Iran mercredi 4 octobre. Ce déplacement s'inscrit dans un contexte régional tendu suite à l'organisation du référendum controversé dans le Kurdistan irakien. Il illustre aussi le réchauffement de l'axe bilatéral entre deux pôles de puissance au Moyen-Orient.

C'est la première visite de ce rang entre les deux pays depuis avril 2015. Cependant, à la différence de ce dernier voyage, le déplacement d'aujourd'hui est entouré d'un climat beaucoup plus favorable entre les deux capitales. En effet, Ankara et Téhéran voient d'un très mauvais oeil la poussée séparatiste du Kurdistan irakien suite au référendum du 25 septembre dernier. Organisée malgré l'opposition du pouvoir central de Bagdad, cette consultation a été très largement approuvée par le peuple kurde qui voit ainsi son rêve d'indépendance se concrétiser.

Lors de sa visite, le président turc a rencontré son homologue iranien, Hassan Rohani. Preuve de l'importance de cet événement, Recep Erdogan était accompagné par une grande partie de son gouvernement ainsi que par le chef d'état-major de l'armée turque. Il a également eu une entrevue avec le guide suprême iranien, Ali Khameney, considéré comme la source ultime du pouvoir politico-religieux à Téhéran. Ce dernier a tenu des propos très durs envers la consultation du Kurdistan la qualifiant même de "trahison".

Les deux pays ont décidé, aux côtés du gouvernement de Bagdad et d'autres États comme le Qatar, d'un embargo aérien du Kurdistan irakien. Craignant la contagion séparatiste au sein de leur territoire respectif, les trois pays ont également organisé des manœuvres militaires afin de dissuader les responsables kurdes de proclamer l'indépendance.

Cette visite placée sous de bons auspices est organisée malgré le fait que l'Iran et la Turquie soutiennent des camps opposés en Syrie. Sur le dossier du blocus du Qatar décidé par le Quartet emmené par l'Arabie Saoudite, le duo a par contre adopté une posture commune de soutien à Doha. 

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