Le Secrétaire du Pape discute du Jihad à Doha

mardi, 28 mars 2017 21:09

CILE LogoCredit :LogoLa Qatar Foundation a récemment organisé un colloque sur la question du Jihad et de la place de la violence dans la littérature des différentes religions. Plusieurs universitaires, responsables religieux et intellectuels ont pris part aux deux jours du colloque qui s'est tenu les 18 et 19 mars à Doha.

Cette activité a été lancée par le Centre de recherche sur la législation islamique et l'éthique (CILE). Créé en 2012 sous le patronage de la Qatar Foundation et adoubé par sa présidente cheikha Mozah, ce centre est dirigé depuis son début par l'universitaire suisse d'origine égyptienne Tariq Ramadan. Son souhait était de mettre en application certaines de ses idées qu'il avait notamment conceptualisé dans un de ses essais intitulé « La réforme radicale ». Plusieurs personnalités religieuses provenant d'horizons divers ont pris part à l'événement.


L'un de ceux qui a attiré l'attention fut Monseigneur Miguel Angel Guixot, secrétaire du Conseil Pontifical pour le dialogue interreligieux. Invité à débattre sur le thème «Ethique du conflit et de la résistance : vers une approche critique de la guerre », il a affirmé que dans toutes les religions, « il y a un trésor de valeurs qui peuvent contribuer à la construction d'un monde de justice, de fraternité et de prospérité.» Sans éluder le fait que certains mouvements instrumentalisent la ressource religieuse pour justifier leur idéologie mortifère, l'évêque colombien a aussi précisé que dans la très grande majorité des cas, les croyants des différentes religions, notamment monothéistes, adoptent une attitude qui prône l'apaisement et le dialogue. C'est d'ailleurs par l'échange mutuel, a-t-il insisté, que le monde pourra retrouver le chemin de la paix de la coexistence positive.

Engagé dans le débat public qatarien, le CILE a pour ambition de susciter des espaces de réflexions sur des thématiques qui dominent l'actualité nationale et régionale. Ce centre a ces dernières années développé des propositions et recommandations sur des sujets aussi variés que l'art, la musique, la question des minorités, les droits des travailleurs immigrés dans les pays du Golfe ou encore la question de la réinterprétation des sources scripturaires de l'islam.

 Ses travaux ont parfois été mal appréciés par une partie de l'opinion qatarie ; un de ses intervenants a par exemple déjà été interdit de prise de parole à Doha du fait de ses positions politiques et idéologiques. En dépit de ces obstacles, les moyens financiers mis à sa disposition et la relative liberté de ton dont il bénéficie n'ont pas empêché Tariq Ramadan de continuer à en faire l'une de ses plateformes de diffusion de ses idées. À ses côtés, certains intellectuels reconnus du monde arabe oeuvrent à une relecture des textes sacrés notamment l'ouléma marocain Ahmed Raissouni et l'intellectuel mauritanien Mohamed al-Shanqiti. Basé dans les locaux flambant neufs de la Qatar Foundation, il est mitoyen du « Centre al-Qardaoui pour la modération et la réforme » qui poursuit les mêmes objectifs mais en ciblant des publics différents.

 

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